Depuis que je fais du libéral, c’est à dire depuis mes premiers stages chez le praticien et mes premiers remplacements, j’ai constaté qu’il y a toujours un domaine laissé en friche par les médecins libéraux : LEUR INFORMATIQUE.

Pour vous le dire franchement, je n’ai jamais vu un médecin libéral généraliste équipé d’un ordinateur qui fonctionne correctement ou configuré comme il faut. Jamais.

J’ai d’ailleurs rarement vu un médecin maîtriser correctement son outil informatique. (mais cela existe, j’en connais … deux)

Alors oui, vous me direz, la plupart sont d’une génération qui n’a connu l’informatique que très tard. Une génération pour qui il est difficile d’écrire un SMS. (sauf sur un iPhone, bien entendu …)

Pourtant, cela m’a toujours choqué.

Il est vrai que je maîtrise bien ce sujet, et que j’adore tout ce qui touche à l’informatique et aux « nouvelles technologies ».
Mais là je vous parle de MISERE. La misère informatique, la vraie.

Je vous donne quelques exemples issus de ma petite expérience  :

- J’ai vu un médecin partir en retraite avec un ordinateur équipé de Windows 95. Je répète Windows 95 (Il n’est pas parti à la retraite il y a dix ans hein … il est parti l’année dernière …) qui cotait ses actes à 21 euros (et qui demandait 21 euros) au lieu de 23 car incapable de changer depuis très très longtemps les paramètres de son logiciel.

- J’ai vu un médecin qui ne savait pas, depuis plus de 15 ans qu’il avait son logiciel, l’utiliser autrement que pour faire des ordonnances. Le reste du logiciel a toujours été un mystère pour lui.

- J’ai vu un médecin dont le logiciel plantait quasiment toutes les 2 ou 3 consultations, l’obligeant à redémarrer l’ordinateur une bonne quinzaine de fois par jour.

- J’ai vu un médecin s’user les yeux sur son écran à longueur de journée alors que la résolution de son bureau n’était pas adaptée à son écran. (en trois clics c’était réglé)

- J’ai vu un médecin qui n’arrêtait pas de faire des fausses manipulations sur son ordinateur pour la simple et bonne raison que sa souris fonctionnait mal. (et ce depuis plus de 9 mois …)

- J’ai vu un médecin dont le lecteur mettait dix bonnes minutes à lire une Carte Vitale, sans que cela ne le choque, il trouvait ça normal. (Je ne comprends pas comment on peut tenir plus d’une semaine comme ça …)

- J’ai vu un médecin dont le PC n’avait pas d’anti-virus, connecté en permanence à internet (mais il ne le savait pas … sic) qui ne voulait plus s’éteindre.
Alors, il le laissait allumé 24h sur 24.

- J’ai vu un médecin s’énerver sur son imprimante jet d’encre (achetée en 1992), qui ne marche pas bien, est lente, et coûte une fortune en cartouches, alors qu’il existe maintenant des imprimantes laser, rapides et très bon marché.

- Et enfin, j’ai vu des médecins utiliser la première version de Crossway° (Tant que vous n’avez pas essayé vous ne pouvez pas comprendre la détresse que cela représente, même pour moi …) Oui, ceci est une private joke, je suis sur mon blog, je fais ce que je veux.

Personnellement, je ne conçois pas une informatique qui ne fasse pas gagner du temps ou de l’énergie en consultation.

Clairement, quelqu’un qui ne maîtrise pas l’informatique ou qui ne veut pas investir un minimum dans un équipement fonctionnel, ou qui ne veut pas, ne peut pas se former, n’a pas intérêt à l’utiliser.

On fait certainement du meilleur travail avec un bon dossier papier bien tenu qu’avec une informatique mal maîtrisée ou défaillante.

Ma petite expérience n’est peut-être pas représentative de ce qui se passe sur l’ensemble du territoire français, mais tout de même, en 2012, comment voulez-vous que l’ensemble des médecins adhérent au DMP (une énorme usine à gaz, même pour quelqu’un très calé en informatique) ou à l’espace pro de la sécu (où l’on peut faire des arrêts de travail, des déclarations de médecin traitant, des protocoles de soins, tout ça en ligne …quand les serveurs de la sécu ne sont pas en rade …) qui nécessite l’installation de plusieurs logiciels, et l’utilisation d’un navigateur internet compatible ?

Ceux que je connais n’ont, pour la plupart, pas la moindre idée de comment on installe un logiciel qu’ils ne connaissent pas, sur leur ordinateur.

Fort heureusement, beaucoup de médecins, des plus « jeunes » aux plus proches de la retraite, maîtrisent très bien leur informatique. Mais ce n’est pas la majorité des médecins installés que j’ai rencontré.

Je doute que nos autorités de tutelle réalisent l’étendu du fossé qui existe entre ce qu’ils attendent de nous et ce que peuvent réellement faire certains médecins généralistes installés.

 

Depuis que je suis installé, je participe régulièrement à un groupe d’échange de pratiques.

On se réunit à plusieurs médecins généralistes de la région, une fois par mois.
Chacun est libre de venir ou pas, rien d’obligatoire, chacun est volontaire.

Le but est de présenter une consultation prise « au hasard » dans sa journée.
Par exemple on présente tous notre 5eme (ou 3eme ou 10eme etc…) cas du jour quel qu’il soit. (même si totalement inintéressant)

De la rhino-pharyngite, à la consultation d’annonce de cancer, tout y passe. (de façon anonyme bien sûr, les noms et prénoms des patients ne sont jamais évoqués)

Chacun commente la consultation de l’autre, de façon bienveillante, toujours. (il n’est pas question d’être blessant, méprisant ou de défendre coûte que coûte notre façon de faire. Juste de réfléchir sur nos pratiques, nos prises en charges, nos prescriptions)

C’est très enrichissant et très rassurant à la fois.

Enrichissant car on apprend plein de choses, on découvre que nos pratiques ne sont pas toujours les mêmes que celles de nos confrères, on se pose des questions, on fait des recherches (dans la Revue Prescrire principalement) sur des sujets qui nous paraissaient la plupart du temps évidents et que l’on aurait jamais vérifié spontanément.
On découvre parfois que l’on faisait mal.
Parfois on apprend des choses à nos confrères.

Rassurant car on découvre que l’on se pose tous les mêmes questions, on a tous les mêmes problèmes au quotidien, les mêmes difficultés à prendre en charge certains cas complexes.

Pour moi, ces échanges sont indispensables.

La médecine n’est pas quelque chose de figé, elle est en perpétuel changement. Il faut donc savoir se remettre en cause régulièrement.

De ce que j’ai appris à la Fac, il ne reste plus grand chose qui n’ai pas évolué, ne serait-ce qu’un peu.
Le doyen de notre faculté lors de son discours d’accueil des nouveaux étudiants en médecine nous avait dit « Tout ce que vous apprenez maintenant sera faux quand vous aurez fini vos études médicales »
Personne ne l’avait cru, certains ne le croient toujours pas … Et pourtant il avait raison.
On ne traite plus tout à fait un infarctus du myocarde comme je l’ai appris il y a 10 ans à la Fac et encore moins comme il y a 30 ans.

Alors quand je croise des médecins qui font exactement (ou presque) la médecine qu’ils ont appris dans les années 70, en étant parfaitement convaincu de faire les choses bien, ça me désole.

Pour se former, il faut, avant toute chose, reconnaître que l’on ne sait pas tout, que ce que l’on sait est parfois obsolète, et que notre petite expérience personnelle est parfois bien éloignée des résultats des dernières études scientifiques bien conduites. (et que, j’en ai déjà parlé, la vérité ne sort pas de la bouche des visiteurs médicaux).

Je suis persuadé qu’on ne peut pas rester bon médecin très longtemps si on ne se pose pas régulièrement de question sur ce que l’on fait.

C’est pour cela que j’aime participer à un groupe d’échange de pratiques.
C’est aussi pour cela que j’aime Twitter, et ses échanges quasi instantanés entre médecins.
C’est aussi pour cela que j’aime lire les médecins blogueurs.

Pour les échanges et parce qu’ils se posent tous des questions sur leurs pratiques.
C’est rare, je vous assure.

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Elle n’est pas une patiente du cabinet, je ne la connais pas.

C’est une jeune active, une femme mariée qui privilégie plutôt sa carrière professionnelle

Elle n’a pas d’enfant. Ce n’est pas qu’elle n’en veut pas, c’est qu’elle a déjà essayé d’en avoir, sans succès.

Et maintenant il est trop tard ou trop tôt. Elle a un nouveau travail avec des responsabilités, cela fait à peine un mois qu’elle a commencé.

Elle ne veut pas tout compromettre.

Et puis son médecin est en vacances.
Son médecin est en vacances et elle a un retard de règles.
Cela fait 2 semaines qu’elles auraient dû arriver.
Elle s’imagine plus ou moins stérile, mais dans le doute, elle prend la pilule.

Deux semaines que l’angoisse monte.

Alors voilà, aujourd’hui elle a fait un test de grossesse qu’elle a acheté à la pharmacie.

Quand elle voit la petite bande blanche devenir rose, elle pense que c’est impossible, que ce n’est pas le bon moment, que c’est une catastrophe.

Elle est enceinte.

Elle vient me voir, car je suis le seul médecin (alors jeune installé) a avoir encore de la place disponible sur son planning

Quand elle entre dans mon cabinet et qu’elle m’explique la situation, j’avoue que je suis un peu angoissé.

J’ai peur de ne pas savoir quoi lui dire, peur de ne pas comprendre ce qu’elle veut, peur de mal gérer la situation.

Elle me demande la marche à suivre pour une IVG

Elle m’explique que c’est la seule décision logique pour elle dans sa situation, qu’elle n’a pas le choix. Sa carrière en dépend.

Je lui dit que je la comprends.

Je lui demande ce qu’en pense son mari. Elle me répond qu’à priori il n’est pas très enthousiaste à l’idée d’être papa là tout de suite, mais qu’elle n’en a pas beaucoup discuté avec lui.

Je lui dis que si elle ne veut pas le garder, l’IVG est encore tout à fait possible au stade présumé de sa grossesse.

Mais je lui suggère aussi d’autres pistes de réflexion.

« Et le garder ? J’ai cru comprendre que vous avez déjà essayé d’avoir un enfant ? C’est peut-être une occasion à saisir ? L’occasion ou jamais ? Sauf si, bien sûr, cela vous met dans une situation impossible, moralement financièrement ou matériellement. » que je lui dis. « Un enfant doit être désiré, aimé, attendu. Si vous ne voulez vraiment pas d’enfant, que c’est votre choix, bien entendu, il ne faut pas le garder. »

Je lui explique également que l’IVG n’est pas un acte anodin.
Qu’il peut y avoir des complications.
Qu’il peut y avoir des regrets aussi.

Mais elle a l’air décidée. Sa carrière professionnelle compte trop.

Alors d’accord, je lui fait un certificat comme quoi elle est enceinte et désire une IVG.
Je lui indique les adresses où elle a une chance d’être prise en charge rapidement

Elle quitte mon cabinet manifestement soulagée.

Je ne la revois pas tout de suite.

Juste le temps pour moi d’oublier cette histoire, quelques semaines plus tard, la voilà dans la salle d’attente.

Je lui accorde quelques minutes, je suis pressé, j’ai beaucoup de gens à voir et elle n’a pas rendez-vous.

Elle m’explique que lors de notre première rencontre, elle était perdue.
Que je l’ai écouté, sans la juger.
Qu’elle est partie de mon cabinet le coeur léger.
Qu’elle a suivi une de mes pistes de réflexion.

Elle va garder le bébé.
Elle est heureuse.
Il va falloir que sa vie professionnelle change, mais c’est tellement génial.

Putain, j’aime mon métier.

Epilogue : Ce billet, n’est en aucun cas une critique du droit des femmes à l’IVG. Ce droit est acquis, légitime et ne saurai être remis en cause. Ce billet est juste une illustration de ce putain de beau métier qui permet, le temps d’une consultation, à un médecin comme moi, d’aider une femme à prendre SA bonne décision. En l’occurrence, sa plus grande et plus géniale décision.

La famille Colza est suivie par mon associé. Je ne vais les voir que rarement, pendant ses congés.

Monsieur et Madame Colza habitent une petite maison entre la route et les champs. C’est une maison attenante à leur ferme. (On est agriculteur de père en fils dans la famille.)

Ils n’ont plus l’âge de batifoler dans les champs. Ce sont leurs enfants qui s’occupent de tout.
Même d’eux.

Oui, Monsieur et Madame Colza sont très âgés.
Agés au point qu’un jour, un gériatre a diagnostiqué chez monsieur une maladie d’Alzheimer. Madame souffre de diabète et d’hypertension.

La première fois que je vais les voir, c’est pour renouveler le traitement de Madame et soigner la bronchite de Monsieur.
Rien de très inhabituel.

Je sens bien que la mémoire de Monsieur flanche un peu, et que madame commence à avoir beaucoup de mal à s’occuper de la maison.

J’examine madame, j’examine monsieur.
Je renouvelle le traitement de madame, donne un traitement pour la bronchite de monsieur.
Bref, tout va bien.
A part, bien sûr, monsieur qui me demande toutes les 5 minutes qui je suis et pourquoi je suis là.
Mais apparemment, « c’est normal ».

Au moment de partir, leur fils, alerté par la présence d’une voiture qu’il ne connait pas devant la maison de ses parents (la mienne), entre dans la pièce.

Nous discutons un long moment sur l’avenir de ses parents, sur les aides qu’il faut mettre en place, pour le ménage, et pour la préparation des médicaments dans un pilulier. Et de son père qui perd beaucoup la mémoire.

Les mois passent.

Un jour, j’apprends par mon associé que Mme Colza est décédée à l’hôpital. C’est malheureusement des choses qui arrivent à son âge.

La famille de Monsieur Colza ne lui a rien dit. Ils ne veulent pas lui faire de mal. Et puis « de toute façon, il ne s’en rappellera plus demain ».
La maladie de Monsieur Colza a beaucoup évolué. Il ne se rappelle plus de grand chose maintenant.

Deux semaines après la mort de Mme Colza, un matin, le fils de Monsieur Colza m’appelle pour que je passe voir son père en visite.
Il a un problème aux yeux.

J’arrive chez eux vers 14h00.
Monsieur Colza et son fils m’attendent.
Je demande si Monsieur Colza va bien, si il a mal quelque part.
Je regarde ses yeux. Rien, tout va bien.
Ses yeux ne sont pas rouges, pas douloureux et il voit bien.

Je me retourne vers son fils qui me dit : « Je ne comprends pas, ce matin il avait les yeux tout rouges »

C’est là, en voyant Monsieur Colza dans son fauteuil, seul dans cette grande maison, que j’ai compris, qu’en vrai, ses yeux n’avaient rien.

Ce matin, l’espace d’un instant, la mémoire de Monsieur Colza est revenue.
Et il a vu, il a compris que sa femme n’était plus là.

Il a pleuré. Tout simplement.

La première fois que je vois Pierre, c’est dans mon cabinet.

Il est un ancien patient du Dr Pouêt-Pouêt, un généraliste qui exerçait encore il y a quelque semaine dans un village voisin.

Pour entrer dans mon cabinet, Pierre ne peut pas le faire de face, il doit rentrer de biais.

C’est que Pierre est obèse

Beaucoup.

Médicalement, on dirait « Obésité morbide ».

En fait je sais que Pierre a 27 ans, mais je ne sais pas combien il pèse.

Il est de ce genre de patients que je ne pèse jamais. Non pas que je n’ai pas envie de savoir mais que le cadran de ma balance ne dépasse pas les 150 kilos.

Et Pierre en fait bien plus.

Mais personne ne sait combien

Le Dr Pouêt-Pouêt a bien tenté l’expérience une fois, c’était en 2003.

La balance n’a pas survécu. Pierre en garde d’ailleurs un souvenir douloureux.

Pierre, est un homme timide, ayant peu de relations sociales. Son poids y est pour beaucoup.

Il est accompagné de sa mère.

Quand il s’assoit la première fois dans mon cabinet, c’est avec inquiétude que je regarde la chaise sur laquelle il est assis se déformer. Mais je ne dis rien, de peur de le vexer.

Pierre est venu me demander un bilan sanguin pour voir si tout va bien.

Le Dr Pouêt-Pouêt ne lui en a jamais demandé, et Pierre a peur de faire du diabète ou du cholestérol. Pierre est d’autant plus inquiet qu’il fait souvent des infections au niveau de ses jambes (Erysipèle, on appelle ça entre médecins)

Je suis assez d’accord pour lui prescrire un bilan biologique sanguin, avec en effet une recherche de diabète, son poids très élevé est un facteur de risque. (et je rajoute un bilan hormonal, on ne sait jamais, des fois que son obésité ait une cause médicale …)

Mais d’abord, je demande à Pierre de s’allonger sur mon divan d’examen, ce qu’il fait assez difficilement et de manière assez brutale.

Je me rappelle à ce moment précis que mon divan d’examen est n’est certifié que jusqu’à 140 kilos.

Apparemment ça tiens.

Je me félicite intérieurement d’avoir pris du matériel de bonne qualité.

Je prends la tension de Pierre (avec mon brassard « grande taille »)

Tension : 13,5/8

« C’est bien »

Je l’examine, je l’ausculte, mais je ne le pèse pas donc.

Je retourne à mon bureau, je note les quelques antécédents de Pierre, j’écris « poids 150+ » et j’inscris dans le dossier pour mes associés et mes remplaçants « attention ne pas peser, casse les balances »

Je lui prescris le bilan biologique.

Pierre et sa mère sortent de mon cabinet apparemment satisfaits.

Je reçois les résultats de Pierre trois jours plus tard.

Il n’a pas de diabète, pas de cholestérol, sa prise de sang ne révèle aucune anomalie.

Je suis assez étonné, mais content.

La mère de Pierre vient me voir quelques semaines plus tard pour son renouvellement de traitement (elle aussi est une ancienne patiente du Dr Pouêt-Pouêt)

Je ne vous parle pas de cette consultation, qui est d’une banalité affligeante … Sauf sa toute fin, quand elle me dit à propos de son fils : « Pierre vous aime beaucoup, vous êtes le seul médecin à ne pas lui avoir fait remarqué tout de suite qu’il était trop gros, et le seul à ne pas lui avoir crié dessus à propos de cela à la première consultation. Ça compte beaucoup, il sait bien qu’il a du poids à perdre mais quand on lui fait remarquer trop brutalement, ça le blesse. »

J’avoue, en entendant sa mère me dire cela, j’ai eu un peu honte d’avoir eu peur pour mon matériel.

Mais quand même, il ne me serait jamais venu à l’esprit de dire, à la première consultation, « oh mais que vous êtes gros ! Il va falloir faire un régime là, parce que c’est plus possible, regardez-vous enfin ! »

Mais qu’est-ce qui passe par la tête de certains de mes collègues médecins ?

Alors oui, on va essayer de faire quelque chose pour le poids de Pierre.

Mais gentiment, en essayant de ne pas le vexer. Je pense qu’il a déjà eu sa dose …